Collection taille humaine

07/12/2006 par Elodie Malard

Avec plus de 30000 objets collectés, c’est pourtant sans préméditation que Jean-Paul de Vries, Néerlandais attiré par le territoire français et passionné de la Première Guerre Mondiale, a abouti à la formidable mise en scène du Musée 14-18 à Romagne sous Montfaucon.

Après bien des coups durs, aujourd’hui le musée est bel et bien reconnu par le Ministère et profite aux nombreux touristes. Période de l’arrière-saison, ce sont encore 10 à 15 personnes par jour qui pénètrent dans l’œuvre de Vries. A l’écouter, ce qui amène tant de monde chez lui, c’est la dimension humaine du site. Peu d’armes y sont montrées, car le collectionneur, qui a souvent souffert de la découverte malencontreuse d’ossements humains, préfère évoquer la vie quotidienne du soldat plutôt que la dureté du « métier ». En plus, pour les enfants, « ici c’est différent : ils peuvent toucher les objets ». Sa dernière idée pour son musée concerne un service de restauration qu’il proposera afin de consacrer plus de temps à ses groupes pour leur faire découvrir le patrimoine de la région. Alors cet homme bien attentionné ne mesure peut-être pas sa richesse personnelle à sa juste valeur. Parce que ce chef d’entreprise d’un nouveau genre attise la convoitise… Mais sa passion et son émotion, s’il parvient aussi facilement à les transmettre, c’est grâce à son enthousiasme, et puis il fait la part des choses… Jamais il n’aurait pensé remporter un si grand succès avec son projet, surtout quand son principal moyen de communication reste celui du bouche-à-oreille. Son musée est certes sa plus grande fierté, mais le propriétaire l’envisage surtout comme un site éducatif plutôt qu’un site touristique. Instituteur de formation, son but ultime n’est autre que de transmettre la connaissance. Et son message, en s’appuyant sur les témoignages laissés par l’horreur de la guerre, percute tout visiteur et débouche sur un besoin de paix.

Ce musée, finalement, c’est l’histoire de la vie d’un monsieur sympathique, généreux et humble. Fidèle à lui-même, il n’oublie pas de remercier ceux qui lui apportent leur soutien, des amis pour la plupart, et sa femme, Brigitte, qui se charge des expositions temporaires. Alors, quand il pose la question de savoir « Mais où s’arrêtera le fleuve ? », la réponse est certainement à chercher du côté de sa relève !

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